Le harcèlement sexuel est inacceptable

De leur propre initiative, des femmes parlementaires ont récemment fait état aux journaux Le Nouvelliste et Le Temps de graves actes de harcèlement sexuel qu’elles ont subis. Ces témoignages sont sans ambiguïté.

Solidarité Femmes apporte son soutien à toutes les femmes ayant le courage et la capacité de s’exprimer. Notre association se montre solidaire avec leurs témoignages et regrette aussi que la question de leur anonymat fasse débat. La difficulté pour les femmes à témoigner à visage découvert et à s’exposer publiquement est réelle, car le risque de se retrouver à leur tour attaquées et discréditées est grand. Cela constitue une double peine pour les victimes (de surcroît, les condamnations pénales restent rares : par exemple, environ 80% des décisions de justice liées aux cas de harcèlement sexuel sur le lieu de travail n’ont pas d’issue favorable pour la personne salariée, faute de preuves ou de témoins). Solidarité Femmes salue ainsi le geste et le courage de Madame Céline Amaudruz et condamne fermement l’attitude de la direction nationale de son parti.

Le harcèlement sexuel est inacceptable. Des paroles, des actes ou des gestes à connotation sexuelle non désirés, provoquant l’inconfort ou la crainte et menaçant le bien-être de la personne visée sont aussi punissables par la loi. Le harcèlement sexuel est ainsi beaucoup plus répandu qu’on ne le pense (un sondage de la Ville de Lausanne réalisé en 2016 a montré que 72% des femmes âgées de 16 à 25 ans interrogées avaient rapporté avoir été confrontées à au moins un épisode de harcèlement de rue lors des 12 derniers mois. Parmi ces victimes, 63% ont dit avoir été insultées et 32% ont dit avoir subi des attouchements).

Solidarité Femmes déplore le fait que la culture sexiste soit encore en cours dans notre société, culture qui conduit à une banalisation, voire une négation du problème du harcèlement. La médiatisation des événements survenus récemment en Valais, en Suisse ou à l’étranger, doit alors permettre de montrer aux femmes l’importance de sortir de leur silence, de réagir et de dénoncer, même anonymement. L’enjeu est de provoquer une prise de conscience afin de reconnaître la complaisance de la société face au harcèlement sexuel et à la discrimination subie par les femmes, cette complaisance contribuant à la propagation du phénomène.

Lors de harcèlement sexuel, ce n’est pas l’intention de l’auteur qui compte, mais le malaise ressenti par la personne qui se plaint. Le problème ne pourra alors être résolu qu’à long terme, dans un dialogue continuel entre hommes et femmes. En permettant aux femmes de dénoncer et de témoigner sans crainte et aux hommes de s’exprimer. Cela passe aussi par un changement de mentalité qui doit être initié dès le plus jeune âge. Apprendre à nos garçons à respecter nos filles, et à nos filles à respecter leur corps. Cela est d’autant plus crucial à l’heure de l’importance prise par les réseaux sociaux dans la vie quotidienne.

Sion, le 17 décembre 2017

Prévoyance Vieillesse 2020 : Solidarité Femmes dit deux fois « OUI »

Communiqué de presse

Sion, le 30 août 2017

Mardi soir 29 août à Sierre, l’assemblée de Solidarité Femmes a assisté à un débat contradictoire entre deux membres : Annick Clerc Bérod et Nadine Reichen.

Le débat fut vif, mais à une large majorité, le double « Oui » l’a emporté. Plusieurs arguments ont été évoqués – notamment la problématique des femmes qui travaillent le plus souvent à temps partiel et avec des interruptions de carrière, ainsi que le travail non rémunéré des femmes qui s’occupent d’enfants et petits enfants, ainsi que de leurs parents âgés. Pour Mme Reichen, le financement des retraites n’est pas garanti, et il aurait mieux fallu faire cotiser la LPP dès le premier franc de salaire.

Des réticences demeurent, car il s’agit de rehausser l’âge de la retraite des femmes à 65 ans, tandis que des inégalités salariales de l’ordre de 20% perdurent sur le marché du travail. Cette discrimination va continuer de péjorer les rentes des futures retraitées si aucune solution n’est proposée.

Mais, selon notre présidente Marcelle Monnet-Terrettaz, d’autres aspects de la réforme sont positifs : la flexibilisation de la retraite (entre 62 et 70 ans), l’augmentation de 70 Fr par mois des nouvelles rentes AVS, qui soulagera surtout les personnes à bas revenu (dont beaucoup de femmes), et l’accès facilité au deuxième pilier en abaissant le salaire minimum requis pour pouvoir cotiser à la LPP.

Cette réforme permettra à bon nombre de femmes à bas revenus à prendre une retraite dans de meilleures conditions qu’aujourd’hui. Et certaines pourront prendre la retraite à 64 ans aux mêmes conditions grâce aux mesures de compensation.

Deux membres fondatrices de l’association n’étaient pas présentes à l’assemblée mais elles ont fait part de leurs positions sur le sujet :

Esther Waeber-Kalbermatten, Conseillère d’Etat : « Je vote 2 fois OUI afin d’assurer les rentes» (« Ich stimme 2mal JA um die Renten zu sichern »)

Viola Amherd, Conseillère nationale : « 2 x Ja zur Sicherung unseres wichtigsten Sozialwerks » (« Deux fois OUI pour sécuriser notre plus importante assurance sociale »)   

Esther                                      Viola Amherd,

La majorité des membres de l’association leur donnent raison, et voteront deux fois « OUI » le 24 septembre.

Lors de cette même assemblée, le comité de Solidarité Femmes a été renforcé par l’élection d’une nouvelle membre, Cathrine Mathey, consultante en ressources humaines à Sion.

PV 2020 Comité SFLe comité de Solidarité Femmes (de g. à d.) : Chantal Voeffray-Barras, Annick Clerc Bérod, Marcelle Monnet-Terrettaz, Cathrine Mathey, Maryline Morard et Denyse Betchov.

PV 2020 : Solidarité Femmes soutient la réforme

Site du Nouvelliste, le 8 août 2017

VOTATIONS – Rassemblée en assemblée générale, Solidarité Femmes a pris position sur la réforme de Prévoyance Vieillesse 2020. À la quasi-unanimité des membres présents, elle se prononce en faveur d’un relèvement de la TVA ainsi que du paquet de mesures proposées dans les 1er et 2ème piliers.

Selon l’association, la réforme est consensuelle et équilibrée. En effet, elle permet de maintenir le niveau des rentes et la problématique baisse de 0.8% du taux de conversion d’ici à 2022 sera compensée de plusieurs manières.

D’un côté, par le supplément de 70 francs dans l’AVS ; de l’autre, par l’abaissement et la flexibilisation de la déduction de coordination LPP ; et, finalement, par la flexibilisation de l’âge d’entrée à la retraite. Ce sont principalement ces deux dernières mesures qui trouvent grâce aux yeux de l’association.

La première offre un avantage aux bas revenus et aux personnes travaillant à temps partiel – principalement des femmes – et la seconde permet à celles qui souhaiteront arrêter de travailler à 64 ans de continuer à le faire, sans perte financière par rapport au système actuel.  Ainsi, malgré le relèvement de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans – une pilule qui reste toutefois encore difficile à avaler pour certaines – elles seront globalement avantagées par la réforme.

Audrey Michelet

Le Nouvelliste

Le combat des femmes valaisannes en quatre questions clé

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PAR JEAN-YVES GABBUD – Le Nouvelliste 22 juin 2017

SOCIÉTÉ – Le film L’Ordre divin est sur nos écrans. Il raconte l’obtention du droit de vote par les femmes en 1971. Quatre politiciennes valaisannes nous parlent de leur réalité de femmes.

Le film L’Ordre divin est actuellement sur les écrans. Il raconte le combat des femmes pour obtenir le droit de vote. C’était en 1971.

Le Nouvelliste a vu ce film en compagnie de quatre femmes politiques. Nées au cours de quatre décennies différentes, elles représentent quatre partis. Elles nous donnent leur vision du combat actuel des femmes en quatre questions.

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Les femmes servantes de 1971

Avant la votation de 1971, les femmes du film n’ont non seulement pas le droit de vote, mais en plus, elles n’ont pas le droit de travailler sans l’accord de leur mari. Les hommes pensent que la place de leurs épouses se situe à la maison, pour faire le ménage et s’occuper des enfants.

Dans le film, les femmes sont réduites à un rôle de servantes. Elles sont au service des hommes, que ce soit leur mari, leurs fils et même leur beau-père. Lorsque l’héroïne de l’histoire demande à ses enfants de débarrasser leurs assiettes après le repas, ils lui répondent: «mais on est des garçons!»

1971 : c’est quoi pour vous ? 

CiletteCilette Cretton, 72 ans, PLR: «le film est très connoté suisse alémanique. J’ai vécu cette période dans un contexte très différent, dans un milieu citadin, dans un univers plus ouvert. En Valais, 75% des hommes ont dit oui au droit de vote des femmes. Je ne connaissais pas d’homme assez stupide pour refuser que leur femme travaille. Je sais que dans certaines régions alémaniques, la situation était différente. J’ai eu des filles au pair dans les années 1970. J’ai vu que le mari devait demander à sa femme les 3 francs dont il avait besoin lorsqu’il sortait boire un verre. C’était elle la cheffe de tribu. Elle n’avait pas besoin du droit de vote.»
SarahSarah Luyet, 46 ans, UDC: «J’ai beaucoup parlé de cette période avec mes tantes. Elles se sont battues pour avoir le droit de vote. Elles se rappellent que lorsqu’elles l’ont obtenu, leurs maris leur demandaient ce qu’elles faisaient lorsqu’elles allaient voter. Elles, elles étaient fières de le faire.»
MarieMarie Gaillard, 26 ans, PDC : «C’est incroyable de penser que les femmes ne pouvaient pas voter et devaient obtenir l’autorisation de leur mari pour travailler. Ce sont des droits qui nous paraissent tellement fondamentaux aujourd’hui. C’est une époque où le patriarcat était très fort et peu remis en cause. C’était une question culturelle et d’éducation.»
DenyseDenyse Betchov, 66 ans, Centre gauche PCS, était aux USA à ce moment-là. «C’était la période peace and love et il y avait autant de femmes que d’hommes dans la rue.»

Aujourd’hui, est-il facile de s’engager en politique en tant que femme ?

Sarah Luyet : «Je n’ai aucun problème à faire de la politique en étant une femme. C’est mon parti qui est venu me chercher. L’UDC laisse une grande place aux femmes. Je suis présidente du parti à Savièse. Je suis femme et je revendique mon statut de femme. Je soutiens la condition de la femme avec les idées de mon parti.»

Cilette Cretton : «Je ne suis pas sûre qu’un parti ait le monopole de la vertu dans ce domaine. Il y a eu une femme élue au Conseil national au PLR, au PS et au PDC, elles ont toutes été éjectées par un homme… Il y a égalité dans le traitement fait aux femmes! Ce manière de faire transcende les partis politiques. C’est vrai qu’il est difficile de trouver des femmes pour se présenter sur des listes. Les femmes n’ont pas l’instinct de concurrence. C’est un problème d’éducation. Quand j’étais engagée en politique, je n’aimai pas être contre quelqu’un, ce n’est pas dans ma nature, je voulais lutter pour des idées, par contre quelqu’un.»

Denyse Betchov : «Dans tous les partis, les femmes qui défendent les questions féminines sont vues comme des traitres potentielles, car elles sont tiraillées entre la ligne de leur parti et la loyauté à la cause des femmes. Pour moi, la priorité va aux droits des femmes, car ce sont des droits humains. Les femmes sont jugées sur leurs compétences, mais aussi sur leur apparence. Elles sont observées sous toutes les coutures. Il y a une pression plus grande sur elles.»

Marie Gaillard : «Je n’ai jamais eu de problème en raison de mon genre. C’est peut-être une question de génération. Aujourd’hui, tous les partis veulent avoir des femmes sur leurs listes électorales, nous sommes autant bien formées que les hommes et avons peut-être moins d’appréhension à parler en public que les générations précédentes.»

Quels sont encore les combats à mener par les femmes ?

Cilette Cretton : «Malgré tous les progrès réalisés, les carrières ne sont pas les mêmes, les salaires ne sont pas les mêmes. Tous les chefs de service de l’Etat du Valais, tous, sont des hommes. Quand on attend pendant 30 ans que ça progresse et que rien ne change, il faut un stimulant efficace. Il n’y a pas d’autres solutions que les quotas, des quotas provisoires qui seraient instauré tant qu’un certain pourcentage de femmes n’est pas atteint.»

Marie Gaillard : «Nous sommes toutes pour qu’il y ait plus de femmes. Mais est-ce que les femmes postulent pour être cheffe de service?»

Denyse Betchov : «Les dés sont pipés, car à compétence égale, les femmes ne sont pas prises.»

Marie Gaillard : «C’est un cliché. C’est aussi le fait que ces postes sont des temps plein et qu’on ne va peut-être pas assez chercher les potentielles candidates.»

Cilette Cretton : «S’il y a une obligation d’avoir un certain nombre de femmes, on en trouvera. De toute façon, pire que la situation actuelle, ce n’est pas possible.»

Marie Gaillard : «Je ne suis pas totalement contre les quotas, mais est-ce un avantage que d’engager une femme en lui disant qu’elle l’est parce qu’il y a un quota?»

Denyse Betchov : «Il y a des quotas partout. Il y a un quota pour le Haut-Valais, des quotas pour les partis. Le seul qui manque, c’est un quota qui protège 51% de la population.»

Sarah Luyet : «Je suis heureuse d’être élue pour mes compétences et pas parce que je suis une femme.»

Denyse Betchov : «Si l’on ne veut pas de quotas, il faut fixer des objectifs qui indiquent une volonté, par exemple en disant qu’on veut 30% de femmes cheffes de service.»

Sarah Luyet : «Il faut commencer par motiver les femmes. Il faut aller les chercher. Je me suis engagée parce qu’on a fait appel à moi. Beaucoup de femmes ignorent leurs compétences, alors qu’elles font 20 métiers différents.»

Marie Gaillard : «Je n’ai pas senti de barrière parce que je suis une femme. J’ai participé à une élection et je suis arrivée en tête de ma liste. Pour faire évoluer la situation, il faut des exemples, il faut donc que des femmes disent oui. Il faut également changer les mentalités, en favorisant le temp partiel pour les hommes, en augmentant le nombre de structures d’accueil extra-familiales, en instaurant un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle tant pour les hommes que pour les femmes.»

Dans votre vie privée, la parité est-elle une réalité ?

Sarah Luyet : «J’avance comme je l’entends aussi bien dans mon travail, en politique, avec mon compagnon. Tout se fait dans le dialogue. «Nous sommes la génération divorce. Cette possibilité donne aux femmes le pouvoir intérieur, la liberté. Mon divorce a fait de moi la femme que je suis, il a fait évoluer tout mon entourage; un divorce peut être quelque chose de positif.»

Cilette Cretton : «Je me suis rendue compte que si on veut que quelqu’un d’autre effectue une tâche, il faut arrêter de l’accomplir et quelqu’un finira par la faire. Mais nous n’avons pas été éduquées à ne pas faire. Nous avons une part de responsabilité dans notre situation.»

Denyse Betchov : «La femme porte la charge mentale de la vie quotidienne. Même lorsque les hommes font certaines tâches, ce sont les femmes qui y pensent, qui planifient…»

Marie Gaillard : «Dans mon cercle d’amis, une répartition égalitaire des tâches parait normale. Sur ce plan, ma génération est plus avancée que celle d’avant.»

Plafond de verre dans la justice valaisanne ?

Communiqué de presse – Sion, le 5 juin 2017

La fin du plafond de verre dans la justice valaisanne ?

 

– une femme 1er procureur de l’office régional du Bas-Valais !

Le 6 juin, le Grand Conseil procédera à l’élection du premier procureur pour le Bas-Valais. Actuellement aucune femme ne fait partie du bureau du Ministère public.

Deux candidat-e-s ont été auditionné-e-s par la COJU : Mme Marie-Line Voirol Revaz, présentée par le PLR, et M. Patrick Burkhalter par l’UDC. Suite aux entretiens, la commission s’est prononcée en faveur de M. Burkhalter. Si Solidarité Femmes ne conteste pas les qualités professionnelles de ce dernier, elle déplore vivement ce préavis.

Les études démontrent que la diversité est une force, et qu’elle donne de meilleurs résultats. Se priver des compétences des femmes, et donc de diversité, c’est se contenter d’une justice moins performante. Bien que de nombreux postes au sein de la justice valaisanne sont occupés par des femmes aujourd’hui, ces dernières sont toujours très peu nombreuses à occuper des fonctions à responsabilités, telles que celle en question. Le plafond de verre persiste encore dans nos structures valaisannes.

A compétences égales, la promotion des femmes doit faire partie des priorités du gouvernement de notre canton.

Nous avons ici un cas d’école – la candidate féminine est très qualifiée et plus expérimentée auprès du Ministère public. En outre elle est la remplaçante du premier procureur depuis 2014. En dépit de ces faits, elle n’est pas désignée par la commission. Comment expliquer la recommandation de la COJU ? Est-ce par souci du compromis politique, pour satisfaire un « quota » en faveur de l’UDC, ou par manque de confiance envers les femmes ?

Quoi qu’il en soit, il est temps de donner la priorité à la représentation féminine. Nous demandons aux député-e-s de toute appartenance politique de soutenir la candidature de Mme Voirol Revaz. A compétences égales, ou même supérieures, vous pouvez sans réticence donner la priorité à la femme !

Contacts :

Marcelle Monnet-Terrettaz, présidente   076 329 34 54, monnet.marcelle@gmail.com

Annick Clerc Bérod,                                      079 416 74 07 annick.clerc-berod@tvs2net.ch

Denyse Betchov Gabioud,                            079 467 79 61 denyse.betchov@netplus.ch

Maryline Morard                                           078 767 54 45 mma@netplus.ch

Décision du Grand Conseil :

M. Burkhalter est élu par 65 voix contre 63 à Mme Voirol Revaz.