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Quelle justice pour les femmes valaisannes ?

La justice de notre canton est-elle concernée par la liberté d’opinion ? Si oui, les femmes de notre canton ont-elles le droit d’exprimer librement leurs opinions ?

Le verdict du Tribunal de Sion dans la sombre et lamentable affaire des « colleurs d’affiches » nous permet en tout cas d’en douter. 

Des hommes dans la lâcheté abjecte de l’anonymat peuvent se permettre en Valais d’humilier, d’essayer de salir des femmes honnêtes, courageuses et engagées sans autres risques qu’une sanction dérisoire. Quelques francs d’amende pour injure et le tour est joué. La justice de notre canton ne se soucie guère de la respectabilité de ses concitoyennes. Pas d’avertissement contre la récidive, aucun sursis d’emprisonnement pour les accusés qui pourront ainsi recommencer à inonder les murs du canton de leurs immondices. Les murs oui, mais attention, pas les panneaux d’affichage, car ne pas respecter les panneaux d’affichage coûte beaucoup plus cher que de ne pas respecter les femmes.

Le plus ignoble dans ce triste verdict est la condamnation des trois femmes concernées à payer une partie des frais de justice. Le message est clair. Les femmes de ce canton doivent se taire. Pas question pour elles d’exprimer librement une opinion. Tout le monde est autorisé à insulter sur la place publique celles qui n’ont pas compris la leçon. Si elles osent protester, elles devront payer. Une femme ne peut pas gratuitement demander protection à la justice de notre canton.

Ce jugement est extrêmement grave pour la liberté d’opinion qui est un droit fondamental des hommes mais aussi des femmes quoiqu’en pensent les colleurs d’affiches. Les nombreux débats qui alimentent et enrichissent notre démocratie permettent aux femmes et aux hommes de construire notre pays et de le préparer aux réalités de demain. 

Si avec ce jugement, les femmes ont perdu un peu plus de leurs illusions sur la justice, elles ont gagné en détermination à ne pas se laisser exclure du débat.

Cette justice à deux vitesses ne laisse pas le choix aux femmes. Elles prendront en main la défense de leurs convictions et en ce qui concerne la défense de la solution du délai, un comité cantonal sera prochainement annoncé.

Votations fédérales du 12 mars 2000

Réunie en Assemblée Générale spéciale le 15 février 2000 pour débattre de deux des objets soumis à votation le 12 mars, Solidarité Femmes a entendu deux expertes :

  • Me Béatrice Masson-Giroud, juriste, au sujet des quotas,
  • Dr. Geneviève von Moos, médecin gynécologue FMH, au sujet de l’assistance médicale à la procréation.

Solidarité Femmes a pris les positions suivantes :

1) Dans le cadre de l’initiative dite des quotas « pour une représentation équitable des femmes dans les autorités fédérales », considérant :

  • que c’est la seule chance, après 30 ans de droit de vote, de voir les droits à l’éligibilité réalisés de facto pour les femmes,
  • que la notion de proportionnalité existe en Suisse dans tous les domaines intéressant la politique à l’exception de la représentation des femmes,
  • que l’initiative prévoit une application progressive de ces quotas et qu’elle est réaliste et réalisable,

Solidarité Femmes recommande de voter un oui déterminé et déterminant.

2) En ce qui concerne l’initiative qui interdirait la procréation médicalement assistée, considérant :

  • que la loi actuelle, l’une des plus restrictives d’Europe, donne toutes les garanties quant au respect de la vie et fixe des règles éthiques clairement établies,
  • que cette initiative supprimerait à de nombreux couples le bonheur d’avoir des enfants ainsi que le droit de voir le jour à quelque 700 enfants désirés par an et en Suisse,
  • que le droit d’accès au traitement contre les maladies de la stérilité et la liberté de choix doivent être préservés,

Solidarité Femmes recommande le rejet pur et simple de cette initiative inutile et restrictive à l’excès, par un non massif.

Note sur les résultats au niveau valaisan :

  • non aux quotas à 84.5%,
  • non à l’interdiction de la FIV à 79.2%.