Article du Temps du 19 février 2009

Les femmes pimentent la campagne électorale
Xavier Filliez

« Quelques sursauts animent une campagne électorale qu’on pouvait craindre terne. La faute à une socialiste trop franche, à une écologiste plus ambitieuse qu’attendu et à une PDC prête à trahir son parti.

Point de bousculades, annonçaient les observateurs politiques à l’orée de la campagne électorale en Valais. Les appareils de parti ont décidé à la place du peuple.
Très tôt s’est nouée une alliance objective entre les partis gouvernementaux, un plébiscite pour le statu quo et la formule magique valaisanne: 3-1-1, pour trois PDC, un radical et un socialiste.
Le PDC a choisi d’avance ses élus. Côté radical, Claude Roch, icône du conformisme, rempile. Les socialistes, eux, font le baisemain aux majoritaires. Tout laissait augurer d’une campagne fade et convenue.

Or, sur ce flot de politesses souffle une petite bise d’anticonformisme. A gauche, la socialiste Esther Waeber-Kalbermatten et l’écologiste Marylène Volpi Fournier assurent l’animation. Elles s’écharpent en douceur.
En plébiscitant ouvertement le statu quo, lors d’un entretien sur le vif sur le plateau de la TV Canal 9, la première a troublé le jeu, appelé à voter à droite, en somme. Son pronostic laissait surtout Marylène Volpi Fournier sur le carreau.

L’écologiste est ressortie penaude de cette trahison cathodique. Envolées, les promesses de fidélité et de soutien mutuel des débuts de campagne. La régate se fera en solo. C’est là l’autre fraîche surprise de ces joutes électorales.
Marylène Volpi Fournier fait une excellente campagne. Elle saisit le micro lorsqu’on le lui tend, puis s’arrange pour le garder, comme on l’a vu dans un débat sur la TSR dont elle a été la vedette. Elle a aussi un programme, ce qui ne gâte rien.
Le solo, cela ne fait pas du tout peur à Marylène Volpi Fournier. La dame se montre très indépendante. Elle n’a pas mis d’en-tête à sa liste électorale. On a entendu son chef de campagne – et mari – Jean-Pascal Fournier la comparer à l’indépendant fribourgeois Pascal Corminboeuf.
Et elle appelle régulièrement l’électorat à composer son Conseil d’Etat avec «ce qu’il faut de vert, ce qu’il faut de Haut-Valais», etc. Là encore, l’appel au soutien «à la vie à la mort» de sa collègue haut-valaisanne s’effrite un peu. Bref, Marylène Volpi Fournier, plutôt sushi qu’AOC raclette, rêve aujourd’hui de gouvernement. Ce qui décontenance la base socialiste.
Le Valais voulait des femmes dans sa campagne? Qu’à cela ne tienne. Une autre femme vient dérégler les synchronismes d’apparatchiks. Marie-Françoise Perruchoud-Massy, mise sur la touche par le PDC lors d’élections primaires, pourrait pointer son nez au deuxième tour. Par la bande.

L’indépendant-journaliste Eric Felley, candidat de l’agitation, se dit prêt à lui dérouler le tapis rouge. Elle se dit prête à le fouler. Ce qui met la maison PDC sens dessus dessous. Le scénario abracadabrant ne se fera pourtant qu’à une condition. Eric Felley doit passer le premier tour, c’est-à-dire glaner 8% des voix.
Un scénario qui devient de jour en jour plus fragile. Au fil de ses revirements de stratégie, Eric Felley apparaît abonné aux coups politiques fumeux et manigances qu’il se targuait de dénoncer. En Valais – est-ce l’empreinte du terroir? –, la peur du conformisme écrit parfois des scénarios bien épicés.  »

Source: Le Temps du 19 février 2009.

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