Analyse de la représentation féminine valaisanne lors des élections au Conseil national en 2007 par le Secrétariat à l’égalité et à la famille

Promouvoir une représentation équitable des hommes et des femmes en politique relève du mandat du Secrétariat à l’égalité et à la famille. A cet effet et pour ces élections fédérales de 2007, le Secrétariat a entrepris trois actions principales. Il a proposé aux candidates, tous partis confondus, de se présenter sur son site internet[1]. Pour ce faire, il leur a soumis un questionnaire qu’elles lui ont retourné dûment rempli, et qui apportait un éclairage sur leur personnalité, leur parcours et leurs motivations politiques. La deuxième action a été symbolique, puisqu’il s’agissait d’une virée en tandem entre Sierre et Sion, à laquelle ont été invité.e.s les candidates et les candidats. Les partis devaient inscrire des patrouilles mixtes, symbolisant les efforts qui restent à fournir pour atteindre la parité en politique. La troisième action a consisté en une campagne d’affichage, qui appelait à « élire des femmes pour leurs compétences ».

Particularité du contexte

Il faut souligner une particularité de la configuration électorale 2007 pour le Valais. En effet, 100% des conseiller.ère.s nationaux.ales valaisan.ne.s sortant.e.s se présentaient à leur propre succession, ce qui ne facilite pas l’élection des autres candidat.e.s.

Les candidates[2]
En chiffres absolus, par rapport aux précédentes élections fédérales, en 2003, le nombre de candidatures féminines a augmenté de 13 unités, passant de 25 à 38. La proportion des femmes candidates a elle aussi légèrement augmenté, comme le montre le tableau ci-dessous. Pourcentage des candidatures féminines L’augmentation de la proportion de femmes s’avère infime, de 1,3 point par rapport à 2003. Par rapport à 1999, on constate même une légère baisse. Ce qui est certain, c’est que le pourcentage des candidates n’a encore jamais dépassé les 30% en Valais. A titre de comparaison, cette proportion de candidatures féminines a atteint 35,2% au niveau suisse en 2007, soit 6,4 points au-dessus de la moyenne valaisanne. Au niveau des cantons[3], signalons Zoug et Thurgovie, qui détiennent le record de candidatures féminines, avec 42,4% pour le premier et 40 % pour le second. A l’opposé, le Jura ne compte que 12,5% de femmes candidates, c’est le taux le plus bas pour ces élections au Conseil national de 2007.

Les élues
Entre les élections fédérales de 2003 et celles de 2007, la part des femmes dans la délégation valaisanne au Conseil national passe de 0%[4] à 14,3%, soit 1 femme pour 6 hommes. Depuis 1971 et jusqu’aux élections de 1987 ce rapport a toujours été identique. Par la suite, de 1991 à 2005, année de l’arrivée de Viola Amherd, la délégation valaisanne a été 100% masculine. Cela faisait vingt ans en somme, que les Valaisannes et les Valaisans n’avaient pas élu une femme au Conseil national pour les représenter. Par comparaison, la part moyenne des élues au Conseil national, au sortir du scrutin d’octobre 2007, était de 59 femmes et 141 hommes, soit 29,5 % d’élues. Au niveau des cantons, les délégations de Soleure et de Bâle-Campagne sont proches d’être égalitaires du point de vue du genre. Elles comptent chacune 3 femmes et 4 hommes, soit 42,9% de femmes. A l’inverse Zoug, dont les candidatures féminines étaient pourtant importantes, n’a aucune élue femme, de même que Schwytz, Schaffhouse et, en Suisse romande, le Jura.

Le taux d’élection[5]
En Valais, le taux d’élection des candidates s’est élevé à 49,6 points, alors que celui des candidats s’est monté à 120,4 points. Cela signifie que la probabilité pour les femmes de se faire élire a été 2,4 fois moins élevée que pour les hommes. En comparaison nationale, le taux d’élection des femmes s’est situé à 83,4 points en 2007, et celui des hommes à 109 points. Le taux d’élection des femmes au niveau national s’est nettement amélioré depuis 1971 ; il se situait alors à 32 points. Pour les hommes en revanche, il est resté étonnamment constant depuis 1971, entre 109 et 122 points. Autrement dit, pour les hommes les chances d’être élus demeurent clairement supérieures à celles des femmes. Le constat est encore plus net en Valais.

Quelques résultats remarquables
Une seule des 38 candidates a été élue, et c’est une sortante. En termes de suffrages, il faut souligner l’excellent score obtenu par cette représentante du CVPO. Ce résultat lui confère par ailleurs une bonne assise populaire dans son mandat politique, ce qui s’avère important étant donné les conditions un peu particulières de son entrée au Conseil national[6]. Sur la liste du PRDVS, l’une des deux candidates a terminé en deuxième position derrière le sortant, avec un nombre remarquable de suffrages également.

Conclusion
Le résultat final n’a rien de révolutionnaire en soi du point de vue du genre, puisque, comme nous l’avons dit, la délégation valaisanne au Conseil national n’a jamais compté plus d’une femme. Ce qui est positif tout de même, c’est que pour la première fois depuis vingt ans, les Valaisannes et les Valaisans ont décidé, par les urnes, de faire confiance à une femme pour les représenter sous la Coupole fédérale. Pour le Secrétariat à l’égalité et à la famille, c’est malgré tout un sentiment positif qui ressort de ces élections fédérales. L’impression est nette que nous en avons désormais terminé avec les femmes « alibi » sur les listes. Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder les résultats obtenus par certaines candidates. L’enseignement que l’on peut en tirer par ailleurs, c’est que pour avoir des chances d’être élues au niveau fédéral, les femmes doivent être connues et reconnues pour leur engagement politique au niveau local. Les présidentes de commune et les députées ont obtenu de jolis scores.

Aujourd’hui et dans la perspective des prochaines échéances communales et cantonales, le Secrétariat à l’égalité et à la famille attend des partis qu’ils continuent de soutenir ces femmes qui ont commencé à sortir du lot. Qu’ils les mettent en avant, qu’ils leur donnent l’occasion de se faire connaître au niveau du canton.
Nous les renvoyons à cet effet aux « Dix conseils importants pour les partis voulant avoir plus de femmes au Parlement»: http://www.comfem.ch/pdf/parteientipps_f.pdf.
Il faut également que les organisations féminines maintiennent la pression, qu’elles persistent à tisser un réseau autour de ces candidates. A elles aussi, nous conseillons la lecture des « Dix recommandations les plus importantes pour les organisations féminines qui veulent plus de femmes au Parlement »:http://www.comfem.ch/pdf/54_Frauenorganisationen_Tipps_fr.pdf.
Le rôle des medias est primordial dans la perspective d’une représentation égalitaire des hommes et des femmes en politique, dans la mesure où la visibilité – ou non – des candidates dépend d’eux en partie. La Commission fédérale pour les questions féminines a également édité des recommandations à leur égard, sous le titre « Treize recommandations aux professionnel.le.s des medias en vue des élections fédérales », 2003 : http://www.comfem.ch/pdf/wahlen03_medien_f.pdf).
Quant au Secrétariat à l’égalité et à la famille, il va poursuivre sa tâche de sensibilisation à l’égalité lors des prochaines échéances électorales. Il participe activement par ailleurs à la conception d’une véritable politique familiale en Valais. A terme, pareille politique devrait permettre aux femmes en particulier de mieux concilier vie de famille et vie professionnelle. Par ricochet, elle devrait rendre plus accessible pour elles un mandat politique.

Sion, février 2008

[1] http://www.vs.ch/egalite ou http://www.vs/famille
[2] Les chiffres suisses proviennent de l’Office fédéral de la statistique. Ceux concernant le Valais se basent sur différentes études publiées par l’ancien Bureau de l’égalité.
[3] On ne tient pas compte ici des cantons à scrutin majoritaire, à savoir Uri, Obwald et Nidwald, Glaris et les deux Appenzell.
[4] Viola Amherd n’a pas été élue en 2003. Elle est entrée au Conseil national en 2005, en remplacement de Jean-Michel Cina, élu au gouvernement valaisan.
[5] Le taux d’élection = le pourcentage d’élues divisé par le pourcentage de candidates, multiplié par 100.
[6] Cf. note 4

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