Quelle justice pour les femmes valaisannes ?

La justice de notre canton est-elle concernée par la liberté d’opinion ? Si oui, les femmes de notre canton ont-elles le droit d’exprimer librement leurs opinions ?

Le verdict du Tribunal de Sion dans la sombre et lamentable affaire des « colleurs d’affiches » nous permet en tout cas d’en douter. 

Des hommes dans la lâcheté abjecte de l’anonymat peuvent se permettre en Valais d’humilier, d’essayer de salir des femmes honnêtes, courageuses et engagées sans autres risques qu’une sanction dérisoire. Quelques francs d’amende pour injure et le tour est joué. La justice de notre canton ne se soucie guère de la respectabilité de ses concitoyennes. Pas d’avertissement contre la récidive, aucun sursis d’emprisonnement pour les accusés qui pourront ainsi recommencer à inonder les murs du canton de leurs immondices. Les murs oui, mais attention, pas les panneaux d’affichage, car ne pas respecter les panneaux d’affichage coûte beaucoup plus cher que de ne pas respecter les femmes.

Le plus ignoble dans ce triste verdict est la condamnation des trois femmes concernées à payer une partie des frais de justice. Le message est clair. Les femmes de ce canton doivent se taire. Pas question pour elles d’exprimer librement une opinion. Tout le monde est autorisé à insulter sur la place publique celles qui n’ont pas compris la leçon. Si elles osent protester, elles devront payer. Une femme ne peut pas gratuitement demander protection à la justice de notre canton.

Ce jugement est extrêmement grave pour la liberté d’opinion qui est un droit fondamental des hommes mais aussi des femmes quoiqu’en pensent les colleurs d’affiches. Les nombreux débats qui alimentent et enrichissent notre démocratie permettent aux femmes et aux hommes de construire notre pays et de le préparer aux réalités de demain. 

Si avec ce jugement, les femmes ont perdu un peu plus de leurs illusions sur la justice, elles ont gagné en détermination à ne pas se laisser exclure du débat.

Cette justice à deux vitesses ne laisse pas le choix aux femmes. Elles prendront en main la défense de leurs convictions et en ce qui concerne la défense de la solution du délai, un comité cantonal sera prochainement annoncé.

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