Prise de position sur l’IVG, le 18 novembre 1997

La question qui nous est posée aujourd’hui concerne la dépénalisation de l’avortement et non sa libéralisation. En droit suisse, la femme qui se fait avorter est punissable, même si les peines qu’elle encourt ne sont plus guère appliquées aujourd’hui par les tribunaux.

La procédure que doivent suivre actuellement les femmes valaisannes qui veulent interrompre leur grossesse paraît si peu respectueuse de l’anonymat qu’elle les incite à pratiquer le “tourisme gynécologique”.

Soucieuse de mettre fin à cette hypocrisie et d’harmoniser la législation non seulement entre les cantons mais aussi avec la pratique de la plupart des pays occidentaux, la Confédération propose d’accorder aux femmes enceintes le droit de décider, durant un délai de quatorze semaines*, si elle veut garder son enfant.

On sait que pour certaines mères – et certains pères – cette décision est plus lourde de conséquences que pour d’autres. Tous les enfants, hélas, ne sont pas mis au monde dans la joie.

Faut-il laisser ce choix à la femme et à elle seule ? La question soulève évidemment bien des critiques et des résistances.

Solidarité Femmes estime que la femme enceinte est la mieux placée pour mesurer les peines, les souffrances ou les contraintes qu’elle est capable d’assumer. L’enfant exige soins et amour bien au-delà de sa naissance.

Solidarité Femmes pense que dans un domaine aussi délicat, on doit faire confiance aux femmes : aucune ne prend une telle décision à la légère et sans motif impérieux. Nulle instance ne doit se substituer à la responsabilité individuelle de la femme.

L’accès aux services d’aide et de conseils doit être ouvert aux femmes et aux hommes. Il est essentiel d’intensifier l’information en matière d’éducation sexuelle et de contraception.

C’est pour ces raisons que “Solidarité Femmes” a décidé de participer au débat sur l’interruption de grossesse et de soutenir l’avant-projet fédéral soumis en consultation, qui respecte les principes énoncés ci-dessus.

Plutôt que décider à la place des intéressées, la société doit s’attacher à offrir les conditions les plus favorables à l’accueil de l’enfant. Solidarité Femmes demande que toutes les mesures de protection de la maternité soient prises pour offrir aux femmes un choix réel, et un cadre qui privilégie sans contraindre une décision favorable à la mise au monde des enfants (développement des crèches, congé parental, assurance maternité, etc.).

Résolution adoptée à une très large majorité en assemblée générale spéciale en date du 18.11.97.


*    Note: Le délai de 14 semaines après les dernières règles équivaut en fait au délai de 12 semaines après la conception.

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